mardi 8 mars 2011

Journée de la femme

Voici quelques dates et explications importantes pour l'histoire de la femme au Québec

5 septembre 1903
Irma Levasseur [1878-1964] obtient l’autorisation d’être admise au Collège des médecins et chirurgiens du Québec grâce à un projet de loi [bill privé] émanant d’un député de l’Assemblée législative du Québec. Elle est la première Canadienne française habiletée à pratiquer la médecine au Québec, elle se tourna alors vers la pédiatrie, science à peu près inconnue chez nous. Aucune de nos facultés de médecine n’admettait les femmes, elle dut aller étudier à l’université Saint-Paul du Minnesota aux États-Unis.

1908
Fondation de l’hôpital Sainte-Justine de Montréal par Justine Lacoste-Beaubien. À l’appel de Irma Levasseur, première femme médecin du Québec, atterrée par le taux élevé de mortalité infantile chez les Canadiens français et par le manque d’espace dans les hôpitaux catholiques, où l’on refuse les enfants de moins de cinq ans, un comité se réunit en mai 1907 pour étudier ce projet. On retrouve dans le premier comité honoraire les noms des grandes bourgeoises montréalaises : mesdames Caroline Béique, Joséphine Dandurand, Marie Thibaudeau, Marie Gérin-Lajoie et madame Leman. Afin d’être en mesure de gérer l’hôpital, ces femmes doivent demander au Parlement québécois d’être relevées de leur incapacité juridique, ce que leur permettra l’incorporation.


1911
Marie Gérin-Lajoie, fille de la féministe du même nom est la première diplômée de l’École d’enseignement supérieur pour jeunes filles. Elle obtient la première place lors des examens du baccalauréat, devançant tous les candidats inscrits. On refuse cependant de faire connaître publiquement son succès, car il ne semble pas convenable qu’une jeune fille se soit classée devant les garçons.

18 octobre 1929
Après un long débat juridique et politique, le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres décrète que le mot « personne » s’applique aux deux sexes. Cela mettait fin à une polémique soulevée en1918 par un avocat comparaissant à la cour du juge Emily Murphy, d’Alberta, l’informant que ses jugements étaient illégaux parce que selon le droit coutumier britannique, elle n’était pas une « personne ». Avant cette date, les femmes n’étaient pas admises au Sénat parce que le gouvernement canadien interprétait que le mot « personne » dans l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, n’incluait pas les femmes.

1964
Adoption de la loi 16 qui met fin à l’incapacité juridique de la femme mariée. Cette loi présentée par la première femme élue à l’Assemblée législative du Québec, Claire Kirkland-Casgrain, met fin à la soumission légale de la femme mariée. L’abolition de l’infériorité légale de la femme mariée ne signifiait pas pour autant l’égalité des conjoints au sein du couple et de la famille, cette loi est la première qui amorce la révision des assises légales du mariage et de la famille, basés depuis plus d’un siècle sur la puissance maritale et paternelle et sur la soumission et la dépendance de l’épouse.

1977
La notion d’autorité parentale remplace celle de puissance paternelle qui disparaît du Code civil. Avant cette date, la signature de la mère n’était pas requise juridiquement pour toutes les décisions relatives aux enfants. Disparaît aussi la notion d’enfants illégitimes

juin 1978
Adoption par l’Assemblée nationale du Projet de loi nº 43 qui modifie la Loi sur le salaire minimum et institue un congé de maternité payé de dix-huit semaines pour les québécoises salariées. Depuis 1971, le programme fédéral d’assurance-chômage accordait aux travailleuses salariées admissibles quinze semaines de prestations de maternité. Le projet de loi adopté par le gouvernement du Québec protège l’emploi de ces travailleuses. Le programme d’allocation de maternité entre en vigueur le 1er janvier 1979.

22 juillet 1981
Une loi provinciale donne aux femmes le droit d’accès à la plupart des tavernes, car les débits établis avant 1979 conservent toujours le privilège de refuser l’accès aux femmes dans leur établissement. L’admission des femmes est finalement élargie à toutes les tavernes en 1986.

1983
Le gouvernement canadien adopte le projet de loi C-127. Jusqu’à cette date, les tribunaux rejetaient les plaintes de viol portées par une femme contre son mari, cautionnant de la sorte un droit de propriété que le mariage accorderait à l’homme sur le corps de sa femme sous le couvert du « devoir conjugal ». Les modifications au Code criminel reconnaissent la notion de viol entre époux.

Bonne Lecture!



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